Leçon 01 | 04 Novembre 1971
原文 · s19b-01-0001, s19b-01-0002, s19b-01-0003, s19b-01-0004, s19b-01-0005, s19b-01-0006, s19b-01-0007, s19b-01-0008, s19b-01-0009, s19b-01-0010, s19b-01-0011, s19b-01-0012, s19b-01-0013
En revenant parler à Sainte-Anne, ce que j’aurai espéré c’est qu’il y eût là des « internes » qu’on appelle ça, qui s’appelaient de mon temps les internes des asiles, ce sont maintenant « des hôpitaux psychiatriques », sans compter le reste.
C’est ce public-là qu’en revenant à Sainte-Anne je visais.
J’avais l’espoir que certains d’entre eux se dérangeraient.
Est-ce que s’il y en a ici, je parle d’internes en exercice, ils me feraient le plaisir de lever la main ?
C’est une écrasante minorité, mais enfin ils me suffisent tout à fait.
Il est évident que ces mots, comme toujours, je les fais « improvisés », ce qui ne veut pas dire que je n’aie pas là quelques petites notes, mais ils sont improvisés depuis ce matin, parce que je travaille beaucoup.
Mais faut pas vous croire obligés d’en faire autant.
Un point sur lequel j’ai insisté, c’est sur la distance qu’il y a entre le travail et le savoir, car n’oublions pas que ce soir, c’est du savoir que je vous promets, donc pas tellement besoin de vous fatiguer.
Vous allez voir pourquoi, certains le soupçonnent déjà, pour avoir assisté à ce qu’on appelle mon séminaire.
Pour en venir au savoir, j’ai fait remarquer dans un temps déjà lointain ceci : que l’ignorance puisse être considérée, dans le bouddhisme, comme une passion.
C’est un fait qui se justifie avec un peu de méditation, mais comme c’est pas notre fort, la méditation, il n’y a pour le faire connaître qu’une expérience.
C’est une expérience que j’ai eue - marquante ! - il y a longtemps, justement, au niveau de la salle de garde.
回到圣安娜讲话时,我所希望的,是那里能有一些所谓的“实习医生”(internes)在场—— 在我那个时代,他们被称为“疯人院的实习医生”;如今则叫作“精神病院”的实习医生——还有其他的名称不必细说。 我这次回到圣安娜,就是针对这样一群听众。我原本希望,他们当中有几位能特地来听。 如果这里真的有在职的实习医生——我是说目前正在工作的那些——请他们举个手好吗? 真是压倒性的少数,但无论如何,他们的人数就已经足够让我满意了。 从这里开始——只要我还能维持这口气——我会试着对各位说上几句话。 显然,这些话,像往常一样,都是即兴的。这并不意味着我手边没有几张小笔记,但它们确实是从今天早上才开始即兴成形的,因为我最近工作得很多。 不过,你们可别以为自己也非得这样辛苦才行。 我曾经特别强调过的一点,是“工作(travail)”与“知识(savoir)”之间的距离。 别忘了,今晚我向各位所许诺的,是“知识”这一件事——因此你们并不需要太过劳累。 你们马上就会明白为什么;有些人已经猜到了,因为他们曾经来听过所谓我的“研讨班”。 回到“知识”这一话题,我曾在很久以前指出过这样一件事:在佛教中,“无知(l’ignorance)”被视为一种“激情(passion)”。 这件事若稍加沉思冥想,便能得到印证。然而“冥想”并非我们的强项——既然如此,要让人真正体会到这一点,只有通过经验。 我确实有过这样一次经历——令人印象深刻!——那已经是很久以前的事了,就发生在“值班室(salle de garde)”里。
在佛教语境中,对应巴利语 avijjā 或梵语 avidyā,意为“无明”,被视为烦恼的根本之一。
原文 · s19b-01-0014, s19b-01-0015, s19b-01-0016, s19b-01-0017, s19b-01-0018, s19b-01-0019, s19b-01-0020, s19b-01-0021, s19b-01-0022, s19b-01-0023, s19b-01-0024, s19b-01-0025, s19b-01-0026, s19b-01-0027
Parce que ça fait une paye que je fréquente ces murailles...
pas spécialement celles-là à cette époque [Chapelle de l’Hôpital Sainte-Anne] ...et ça devrait être, c’est inscrit quelque part du côté de 25-26, et les internes à cette époque...
je ne parle pas de ce qu’ils sont maintenant ...les internes aussi bien « des hôpitaux » que de ce qu’on appelait « les asiles », c’était sans doute un effet de groupe, mais pour ce qui est d’en tenir à l’ignorance, ben ils étaient un peu là, semble-t-il !
On peut considérer que c’est lié à un moment de la médecine, ce moment devait forcément être suivi de la vacillation présente.
À cette époque, après tout cette ignorance...
n’oubliez pas que quand je parle d’ignorance, je viens de dire que c’est une passion,
c’est pas pour moi une moins value, c’est pas non plus un déficit, c’est autre chose ...l’ignorance est liée au savoir. C’est une façon de l’établir, d’en faire un savoir établi.
Par exemple quand on voulait être médecin dans une époque, qui bien sûr était la fin d’une époque, eh bien c’est normal qu’on ait voulu...
enfin à cette époque on avait un peu encore d’orientation ...qu’on ait voulu bénéficier, montrer, manifester, une ignorance si je puis dire consolidée.
Ceci dit, après ce que je viens de vous dire de l’ignorance, vous ne vous étonnerez pas que je fasse remarquer que l’« ignorance docte », comme s’exprimait un certain Cardinal...
au temps où ce titre n’était pas un certificat d’ignorance, ...un certain Cardinal appelait « ignorance docte » le savoir le plus élevé. C’était Nicolas De Cues 1, pour le rappeler en passant.
De sorte que la corrélation de l’ignorance et du savoir est quelque chose dont il nous faut partir essentiellement, et voir qu’après tout, que l’ignorance...
comme ça, à partir d’un certain moment, dans une certaine zone, ...porte le savoir à son niveau le plus bas, ce n’est pas la faute à l’ignorance, c’est même le contraire.
Depuis quelques temps dans la médecine, l’ignorance n’est plus assez docte pour que la médecine survive d’autre chose que de superstitions.
Sur le sens de ce mot, et précisément concernant à l’occasion la médecine, je reviendrai peut-être tout à l’heure, si j’ai le temps.
因为我与这些墙壁打交道已经有相当长的时间了——虽然在那个年代,并不完全是这些墙—— 那大概是在1925、26年间吧。那时候的实习医生……我不是在说现在的那些人,而是当时那些“医院”的实习生,或者说那时所谓“疯人院(asiles)”的实习生们。 那当然带有某种群体效应,但若说到坚持“无知”这一点嘛,他们似乎还真是有点那样! 我们可以认为,那是医学的一个阶段,而那个阶段的结束,必然会带来如今这种摇摆不定的状态。
拉康1920年代中期作为医学实习生进入圣安娜实习。 asile(收容所) / hôpital psychiatrique(精神病院):前者带有旧式管理和监禁色彩,后者体现了医学化改革。
在那个时代,说到底,那种“无知”—— 别忘了,当我谈论“无知(ignorance)”时,我刚刚已经指出过:它是一种“激情(passion)”。 对我而言,它既不是一种价值的贬低(moins-value),也不是一种缺失(déficit),而是别的什么东西。无知与知识(savoir)是相互联结的。它是一种建立知识的方式,一种将知识确立下来的方式。 举例来说,当时如果有人想要成为医生——当然,那实际上已经是一个时代的终结了——那么很自然地,他会想要…… 总之,在那个年代,人们多少还有一点方向感,他们会希望从一种——可以这么说——被“巩固起来的无知(ignorance consolidée)”中获益,并把它展示、显现出来。
话说回来,在我刚刚向你们阐述了无知之后,你们就不会惊讶于我指出这一点: 那所谓的“博学的无知(ignorance docte)”,正如某位红衣主教所说的那样…… 在那个头衔尚未成为“无知证书”的年代,这位红衣主教称“博学的无知”乃是最高层次的知识。 顺便一提,此人便是尼古拉·德·库萨。[注1]
因此,无知与知识之间的关联,正是我们必须从根本上出发的点。 而且我们要看到:当这样的无知,从某一时刻起,在某个领域之中,将知识带到了最低的层次时——这并非无知的过错,恰恰相反。 近些年来,在医学中,这种无知已不再足够“博学”,以至于医学只能依赖于某种迷信才能存活。 至于“迷信”这个词的意义——尤其是与医学有关的语境中,我或许待会儿还会再回到这个问题上,如果时间允许的话。
恰恰相反的意思难道是说,“迷信”某种体制和权威来确立支持,取代了通过某种“无知的激情”/“无明的执念”来确立知识。 这个继续往后面推进,看看拉康到底咋想的。
[注1] 尼古拉·德·库萨:《博学的无知》(De la docte ignorance),瑟夫出版社,2010年。
无知是一种激情,或者说无明是一种执念。 拉康接着说:无知与知识是相连的。它是一种确立知识的方式,使其成为“既定的知识”。 也就是说:无知与知识不是对立的,由于“无知”以至于固执,执着,激情——受到控制。
原文 · s19b-01-0028, s19b-01-0029, s19b-01-0030, s19b-01-0031, s19b-01-0032, s19b-01-0033, s19b-01-0034, s19b-01-0035, s19b-01-0036, s19b-01-0037, s19b-01-0038, s19b-01-0039, s19b-01-0040, s19b-01-0041, s19b-01-0042, s19b-01-0043, s19b-01-0044, s19b-01-0045, s19b-01-0046, s19b-01-0047, s19b-01-0048, s19b-01-0049, s19b-01-0050, s19b-01-0051, s19b-01-0052, s19b-01-0053, s19b-01-0054, s19b-01-0055
Mais enfin, pour pointer quelque chose qui est de cette expérience avec laquelle je tiens beaucoup à nouer le fil, après ces - mon Dieu... - ces quelques 45 ans de fréquentation de ces murailles...
c’est pas pour m’en vanter, mais depuis que j’ai livré quelques uns de mes Écrits à la poubellication,
tout le monde sait mon âge, c’est un des inconvénients ...à ce moment, je dois dire que le degré d’ignorance passionnée qui régnait à la salle de garde de Sainte-Anne, je dois dire que c’est irrévocable.
C’est vrai que c’étaient des gens qui avaient la vocation, et à ce moment-là avoir la vocation des asiles c’était quelque chose d’assez particulier.
Dans cette même salle de garde arrivèrent en même temps quatre personnes dont je ne trouve pas à dédaigner de réévoquer les noms, puisque je suis l’un d’entre eux, l’autre que je me plairai à faire resurgir ce soir c’était Henri Ey.
On peut bien dire, n’est-ce pas, avec l’espace de temps parcouru, que cette ignorance, Ey en fut le civilisateur.
Et je dois dire que je salue son travail.
La civilisation, enfin ça ne débarrasse d’aucun malaise, comme l’a fait remarquer Freud, bien au contraire, Unbehagen, le pas-bon aise, mais enfin, ça a un côté précieux.
Si vous croyiez qu’il devait y avoir le moindre degré d’ironie dans ce que je viens de dire, vous vous tromperiez lourdement, mais vous ne pouvez que vous tromper, parce que vous ne pouvez pas imaginer ce que c’était dans le milieu des asiles, avant que Ey y ait eu mis la main.
C’était quelque chose d’absolument fabuleux !
Maintenant l’histoire a avancé et je viens de recevoir une circulaire marquant l’alarme qu’on a dans une certaine zone du dit milieu, eu égard à ce mouvement prometteur de toutes sortes de flammèches qu’on appelle « l’anti-psychiatrie ».
On voudrait bien qu’on prenne position là-dessus, comme si on pouvait prendre position sur quelque chose qui est déjà une opposition.
Alors je dois dire, je ne sais pas s’il conviendrait de faire là-dessus quelques remarques, quelques remarques inspirées de ma vieille expérience, celle que je viens d’évoquer précisément, et de distinguer à cette occasion entre la Psychiatrie et la psychiatrerie.
La question des malades mentaux ou de ce qu’on appelle, pour mieux dire, « les psychoses », c’est une question pas du tout résolue par l’anti-psychiatrie, quelles que puissent être là-dessus les illusions qu’entretiennent quelques entreprises locales.
L’anti-psychiatrie est un mouvement dont le sens est la libération du psychiatre, si j’ose m’exprimer ainsi.
Et il est bien certain que ça n’en prend pas le chemin.
Ça n’en prend pas le chemin parce qu’il y a une caractéristique qu’il ne faudrait quand même pas oublier dans ce qu’on appelle les révolutions, c’est que ce mot est admirablement choisi de vouloir dire : retour au point de départ.
Le cercle de tout ceci était déjà connu, mais est amplement démontré dans le livre qui s’appelle « Naissance de la Folie », de Michel Foucault : le psychiatre a en effet un service social.
Il est la création d’un certain tournant historique.
Celui que nous traversons n’est pas près d’alléger cette charge, ni de réduire sa place, c’est le moins qu’on en puisse dire. De sorte que ça laisse les questions de l’anti-psychiatrie un peu en porte à faux.
Enfin, ceci est une indication introductive, mais je voudrais faire remarquer que pour ce qui est des salles de garde, il y a quelque chose tout de même de frappant qui fait à mes yeux leur continuité avec les plus récentes, c’est à quel point la psychanalyse n’a...
au regard des biais qu’y prennent les savoirs ...la psychanalyse n’a rien amélioré.
au sens où j’en ai posé la question, dans l’année 67-68, où j’avais introduit la notion « du psychanalyste »,
précédé de l’article défini, au temps où j’essayais devant un auditoire - à ce moment-là assez large -
de rappeler la valeur logique, celle de l’article défini. Enfin passons... ...le psychanalyste ne semble pas avoir rien changé à une certaine assiette du savoir.
Après tout, tout cela est régulier. C’est pas des choses qui arrivent d’un jour à l’autre, qu’on change l’assiette du savoir.
« L’avenir est à Dieu », comme on dit, c’est-à-dire à la bonne chance de ceux qui ont eu la bonne inspiration de me suivre. Quelque chose sortira d’eux « si les petits cochons ne les mangent pas ». C’est ce que j’appelle la bonne chance.
Pour les autres il n’est pas question de bonne chance.
Leur affaire sera réglée par l’automatisme, qui est tout à fait le contraire de la chance, bonne ou mauvaise 2.
Ce que je voudrais ce soir, c’est ceci : c’est que ceux-là, ceux que je voue à ce à quoi ils se trouvent bons, pour ce que la psychanalyse dont ils usent ne leur laisse aucune chance, je voudrais éviter que pour ceux là s’établisse un malentendu, au nom, comme ça, de quelque chose qui est l’effet de la bonne volonté de certains de ceux qui me suivent.
但无论如何,要指出一些来自这次经历的东西,我非常热衷于与之联系起来——我的天!- 在这 45 年来与这些高墙的频繁往来之后…… 这并不是要夸耀它,但既然我将我的一些《书写》交付给了“垃圾出版(poubellication)”,每个人都知道我的年龄,这也是其中的一个麻烦之处。……当时,我必须说,圣安娜值班室中盛行的充满激情的无知,我必须说这是无法抹消的。
确实,这些人怀有使命,而在那时,肩负精神病院(收容所)的使命是相当特别的事情。就在这同一间值班室里,同时出现了四个人,我不介意再次提起他们的名字,因为我便是其中之一。 今晚,我乐于让另一位重现眼前的人物,便是亨利·埃伊。 可以这么说吧——经过这么长的岁月,埃伊正是使那种“无知”文明化的人。我必须说,我对他的工作致以敬意。 “文明化”,终究并不能消除任何的不安;正如弗洛伊德所指出的那样,恰恰相反,“Unbehagen”(不适感)实则是一种“不安逸的状态“。但无论如何,文明也有可贵的一面。 如果你们以为我刚才说的话里有哪怕一丝讽刺的成分,那就大错特错了——不过你们也只能弄错,因为你们根本无法想象在埃伊(Henri Ey)介入之前,疯人院(asile)内部是怎样的一番景象。 ——那真是绝对令人难以置信!
如今,历史已经推进了,而我刚刚收到一份通告——它显示,在某个领域内部已经拉响了警报, 缘由是那个预示着会迸出各种火花、被称作“反精神病学(anti-psychiatrie)”的运动。 人们希望我们对此表明立场——仿佛还能对一个本身就是“反对”的东西再采取立场似的。 对此,我得说,我不知道是否适合做些评论——不过若真要说几句,就让我以我刚才提到的那段旧经验为出发点,并趁此机会区分一下精神病学(Psychiatrie)与精神病业(psychiatrerie)。
Psychiatrie 与 psychiatrerie:前者是严格意义上的精神病学,后者是拉康带贬义色彩的造词,着重指精神病学的制度化行当。这里的区分把亨利·埃伊对圣安娜医院的“文明化”改革与精神病学制度本身的问题分开。
关于精神病患者——或者更准确地说,关于“精神病(psychoses)”——的问题,所谓的“反精神病学(anti-psychiatrie)”并没有丝毫解决;无论某些地方性实践还维持着怎样的幻想,这个问题依旧悬而未决。 “反精神病学(anti-psychiatrie)”——如果我可以这样说——其实是一个以“解放精神科医生”为意义的运动。 然而,显而易见,它的走向并没有通往这一目标。 之所以没有走上那条路,是因为有一个特征我们无论如何不该忘记: 那就是所谓的“革命(révolution)”这个词,本身就被选得极好——它的意思就是:回到出发点(retour au point de départ)。
这一切的循环是众所周知的,但在名为《疯狂的诞生》的书中得到了充分的证明。 米歇尔·福柯 (Michel Foucault) 的话:精神病医师确实承担着社会职能,他是特定历史转折点的产物。 至少可以说,而我们今天所经历的这个转折,丝毫没有要减轻这份负担,或缩减精神科医生角色的迹象,因此,反精神病学所提出的问题多少有些尴尬与不合时宜(en porte à faux)。
这里所谓“解放”的对象是精神科医生,而不是精神病患者;但精神科医生承担的社会职能并未减轻,所以拉康说反精神病学提出的问题处在一种不合时宜的位置上。
毕竟,一切都在常理之中。改变知识的基座(assiette du savoir)——那可不是一朝一夕的事。 “未来属于上帝”,人们常这么说; 在我看来,这就是说:未来属于那些有幸、也有灵感跟随我的人。 如果那些“小猪仔们(les petits cochons)”没有把他们吃掉,他们当中总会生出些什么——也就是我所说的“好运(bonne chance)”。 至于其他人,就谈不上什么好运了; 他们的命运将由自动性(automatisme)来决定,而那恰恰与好运——无论好坏——完全相反。[注2]
总之,这些只是一些引言提示。但我想指出,就值班室(salles de garde)而言,有一件令人印象深刻的事情: 在我看来,它们与更近时期的情况之间保持着某种连续性—— 即就各种知识在那里所采取的偏斜路径而言,精神分析并没有带来任何改进。 至于“精神分析家”……这是我在1967–68年间提出过的问题,当时我引入了“Le psychanalyste(带定冠词的精神分析家)”这一概念,在那个时期,我试图在一个——那时规模还相当大的——听众面前,提醒人们注意“定冠词”的逻辑价值。好吧,不再赘述…… 总之,精神分析家似乎并没有在某种知识的根基上带来任何改变。
带定冠词的 le psychanalyste 相当于把“精神分析家”作为一个逻辑位置提出;这一点也为下文转向 lalangue 作了铺垫。
我今晚所想要表达的是这样一件事:对于这些人——那些我听任他们去做自己所擅长之事的人,因为他们所使用的那种精神分析没有给他们留下任何机会——我想避免让一种误解在他们那里形成;这种误解,是以某种东西的名义,作为我的某些追随者的善意(bonne volonté)所产生的效果而建立起来的。
[注2] 此处对举希腊语 τύχη(机缘)、αὐτόματον(自动发生者),以及 εὐτυχία(好运)、δυστυχία(厄运)。
革命与回归原点,之前十七期研讨班里面也讨论过,革命这个词的词源来自于天体运行的公转(revolutio)。 就是日心说/地心说,所讨论的那个围绕着什么中心转的那个“转”。 既然是转的话那么意味着“回归到起点”,这便是“革命”最开始的意义。
[译注] “如果小猪仔们不把他们吃掉”是法语童话式套语,近于“如果他们能平安长大/活到那时”。
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Ils ont assez bien entendu - enfin comme ils peuvent - ce que j’ai dit du savoir comme fait de ce corrélat d’ignorance, et alors ça les a comme ça un peu, un peu tourmentés.
II y en a parmi eux... je ne sais pas quelle mouche a piqué, une mouche littéraire comme ça, des trucs qui traînent dans les écrits de Georges Bataille par exemple, parce qu’autrement, je pense que ça leur serait venu... il y a le « non-savoir ». Je dois dire que Georges Bataille a fait un jour une « conférence sur le non-savoir », et que ça traîne peut-être dans deux ou trois coins de ses écrits.
Enfin, Dieu sait qu’il n’en faisait pas des gorges chaudes et que tout spécialement le jour de sa conférence, là à la salle de Géographie à S^t^ Germain des Prés, que vous connaissez bien parce que vous êtes de culture : il n’a pas sorti un mot, ce qui n’était pas une mauvaise façon de faire l’ostension du non-savoir.
On a ricané. On a tort parce que maintenant ça fait chic, le non savoir.
Ça traîne, n’est-ce pas, un peu partout dans les mystiques, c’est même d’eux que ça vient, c’est même chez eux que ça a un sens.
Et puis alors enfin, on sait que j’ai insisté sur la différence entre savoir et vérité.
Alors si la vérité c’est pas le savoir, c’est que c’est le non-savoir.
Logique aristotélicienne : « tout ce qui n’est pas noir, c’est le non-noir », comme je l’ai fait remarquer quelque part.
Je l’ai fait remarquer, c’est certain : j’ai articulé que cette frontière sensible entre la vérité et le savoir, c’est là précisément que se tient le discours analytique.
Alors voilà, la route est belle pour proférer, lever le drapeau du « non-savoir ». C’est pas un mauvais drapeau.
Ça peut servir justement de ralliement à ce qu’est quand même pas excessivement rare à recruter comme clientèle : l’ignorance crasse par exemple. Ça existe aussi, enfin c’est de plus en plus rare.
Seulement il y a d’autres choses, il y a des versants à la paresse par exemple, dont j’ai pas parlé depuis très longtemps.
Et puis il y a certaines formes d’institutionnalisation, de camps de concentration du Bon Dieu, comme on disait autrefois à l’intérieur de l’université, où ces choses-là sont bien accueillies parce que ça fait chic.
Bref on se livre à toute une mimique n’est ce pas, « passez la première Madame la Vérité », le trou est là n’est-ce pas, c’est votre place.
Enfin, c’est une trouvaille, ce non-savoir...
Pour introduire une confusion définitive sur un sujet délicat...
celui qui est précisément le point en question dans la psychanalyse, ...ce que j’ai appelé « cette frontière sensible entre vérité et savoir », on ne fait pas mieux.
J’ai pas besoin de dater. Enfin, 10 ans avant, on avait fait une autre trouvaille qui n’était pas mauvaise non plus, à l’endroit de ce qu’il faut bien que j’appelle mon discours.
Je l’avais commencé en disant que « l’inconscient était structuré comme un langage ».
On avait trouvé un machin formidable : les deux types les mieux qui auraient pu travailler dans cette trace, filer ce fil, on leur avait donné un très joli travail : Vocabulaire de la Philosophie. [lapsus]
Qu’est-ce que je dis ? *Vocabulaire de la psychanalyse *! Vous voyez le lapsus, hein ? Enfin ça vaut le Lalande 3.
他们对我所说的“知识作为无知的对应物”多少听懂了一点——当然,只是尽他们所能。 结果,这件事多少让他们感到困扰。其中有些人……我不知道是被哪只苍蝇叮了,大概是一只“文学的苍蝇”,比如在乔治·巴塔耶(Georges Bataille)的文字里随处翻到的那些东西。 否则我想,他们大概不会突然蹦出这个词:“非知(non-savoir)”。我得说,巴塔耶确实曾经做过一次题为《论非知(Conférence sur le non-savoir)》的演讲,而这词也许就在他那几篇文字的两三个角落里飘着。 总之,天知道他(巴塔耶)可一点都没有借此大发议论。尤其是在他那场讲座的那一天—— 就在圣日耳曼德佩的地理学会礼堂(Salle de Géographie)里……你们当然知道那个地方,因为你们都有“文化修养”,不是吗?那天他一句话也没说。这倒也是一种相当不错的方式,来“展示(ostension)非知(non-savoir)”。当时人们嘲笑了他。其实那是错误的。 因为如今,“非知”反倒成了时髦的东西。它到处可见——在各种“神秘主义(mystiques)”里都能找到;事实上,这个词最初就出自他们,在他们那里,它确实是有意义的。 而且,大家都知道,我一直强调“知识(savoir)”与“真理(vérité)”之间的区别。 那么,如果真理不是知识,那它就是“非知(non-savoir)”。 这就是亚里士多德式的逻辑: “凡非黑者,皆为非黑(tout ce qui n’est pas noir, c’est le non-noir)”,正如我在别处提到过的。 我确实指出过这一点: 在真理与知识之间那条微妙的界限上,正是精神分析话语(discours analytique)所立之处。
真理不是知识,那么真理就是“非 知识”。 分析家话语立足于 真理与知识之间 ,或者说分析家话语把真理与知识之间的缝隙当作支点。
在一个微妙话题上制造彻底的混淆——而这个问题正是精神分析的要点,也就是我所称的“真理与知识之间那条敏感的界线”——没有比这更高明的了。 我不需要标明日期。大约十年前,人们曾经搞出过另一项发现,那也不算坏,它正好涉及我不得不称之为“我的话语”。我当时就是以这句话作为开端的: 无意识像一门语言那样被结构(l’inconscient est structuré comme un langage)。 当时,人们搞出了一个了不起的“玩意儿”:本来正好有两个人,是最合适去继续沿着这条痕迹、把这条线索延伸下去的,结果却被安排去做一份相当漂亮的工作: 《哲学词汇表》(Vocabulaire de la Philosophie)。[口误]啊,我说什么呢?是《精神分析词汇表》(Vocabulaire de la psychanalyse)!你们看到这个口误了吧?嗯,这至少也算得上一个“拉朗德”(Lalande)。[注3]
于是,瞧吧——如今高喊、挥舞“非知(non-savoir)”的旗帜,这条道路真是光鲜亮丽。 这也并不是什么坏旗帜。它甚至还可以成为一种号召(ralliement)的标志,用来吸引那类并不算难找的“顾客群”: 譬如——极端的无知(ignorance crasse)。这种人依然存在,虽然嘛……已经越来越少了。
不过,还有其他一些情况。比如说 懒惰(paresse)的不同面向,我已经很久没有谈过了。 再比如,还有些形式的制度化,就像是所谓的“上帝的集中营”(camps de concentration du Bon Dieu),这是从前大学内部的一个说法,用来形容某些地方,在那里,这类东西(比如“非知”)总是被欣然接纳,因为那样显得“时髦有格调(ça fait chic)”。 简而言之,人们沉溺于一整套的姿态表演,不是吗? “请您先过,真理夫人(Madame la Vérité)——看,那个洞就在那儿,这正是您的位置,不是吗?” 唉,这“非知(non-savoir)”,还真是个奇妙的“发明(trouvaille)”啊……
[注3] 安德烈·拉朗德:《哲学技术与批判词汇》(Vocabulaire technique et critique de la philosophie),法国大学出版社。
原文 · s19b-01-0077, s19b-01-0078, s19b-01-0079, s19b-01-0080, s19b-01-0081
« Lalangue » comme je l’écris maintenant - j’ai pas de tableau noir - ben écrivez : Lalangue en un seul mot, c’est comme ça que je l’écrirai désormais. Voyez comme ils sont cultivés ! [Rires]
Alors on n’entend rien ! C’est l’acoustique ?
Vous voulez bien faire la correction : c’est pas un « d » c’est un « gu » [Lalande/Lalangue].
Je n’ai pas dit l’inconscient est structuré comme « Lalangue », mais est structuré comme « un langage », et j’y reviendrai tout à l’heure.
Mais quand on a lancé les « responsifs » dont je parlais tout à l’heure sur le Vocabulaire de la Psychanalyse, c’est évidemment parce que j’avais mis à l’ordre du jour ce terme saussurien : « Lalangue », que - je le répète - j’écrirai désormais en un seul mot. Et je justifierai pourquoi.
拉朗德:指法国哲学家安德烈·拉朗德(André Lalande, 1867–1963)的《哲学技术批判词汇表》(Vocabulaire technique et critique de la philosophie)。
“lalangue”,就像我现在写的这样——我没有黑板——那么你们就写下来吧: lalangue,连成一个单词。我以后都会这样写。你们看,他们多有学问啊![笑声] 怎么,什么都听不见?是音响效果的问题吗? 请你们纠正一下:这不是“d”,而是“gu”。也就是说,不是 Lalande,而是 lalangue。 [拉朗德(Lalande)/拉朗格(lalangue)的谐音玩笑]
这里的声音游戏由 Lalande 转到 lalangue;拉康随即强调,lalangue 不能取代命题中的 un langage,二者不是同一个层次。
我要强调,我从来没有说过“无意识像 lalangue 那样被结构化”,我说的是“无意识像一门语言那样被结构(un langage)”,这一点我稍后还会再回来解释。 不过,当人们把我刚才提到过的那些“应答者(responsifs)”派去编纂《精神分析词汇》(Vocabulaire de la Psychanalyse)时,显然是因为我把一个**索绪尔式的术语——‘lalangue’**提上了议程。 我再重复一次:今后我会把它写作一个词——lalangue。而我也会说明这样写的理由。
原文 · s19b-01-0082, s19b-01-0083, s19b-01-0084, s19b-01-0085, s19b-01-0086, s19b-01-0087, s19b-01-0088, s19b-01-0089, s19b-01-0090, s19b-01-0091
Eh bien Lalangue n’a rien à faire avec le dictionnaire, quel qu’il soit.
Le dictionnaire...
comme déjà il suffirait d’entendre le mot pour le comprendre ...le dictionnaire a affaire avec la diction, c’est-à-dire avec la poésie et avec la rhétorique par exemple.
C’est pas rien, hein ?
Ça va de l’invention à la persuasion, enfin c’est très important.
Seulement, c’est justement pas ce côté-là qui a affaire avec l’inconscient.
Contrairement à ce que - je pense - la masse des candidats pense, mais qu’une part importante sait déjà...
« sait déjà » : s’il a écouté les termes dans lesquels j’ai essayé de faire passage à ce que je dis de l’inconscient, ...l’inconscient a affaire d’abord avec la grammaire.
Il a aussi un peu à faire avec...
beaucoup à faire, tout à faire ...avec la répétition, c’est-à-dire le versant tout contraire à ce à quoi sert un dictionnaire. De sorte que c’était une assez bonne façon de faire comme ceux qui auraient pu m’aider à ce moment-là à faire ma trace, de les dériver.
法语—>英语 la—>the un—>a/an
那么,lalangue 与词典毫无关系——无论哪一种词典。 词典——只要听听这个词就能明白——与“言说(diction)”有关,也就是说,它与诗(poésie)和修辞(rhétorique)之类的东西有关。 这可不是小事啊,从“发明(invention)”到“说服(persuasion)”,这一切都极其重要。 但正是“言辞的技巧”这一面——与无意识没有任何关系。
与我想——大多数候选人(或说学习精神分析者)所认为的相反,当然其中相当一部分人其实已经知道,若他们听清楚我尝试阐述无意识时所使用的那些表达方式的话:无意识首先与语法(grammaire)有关。 无意识还与——不只是“有点”,而是“有很大关系、完全相关”——与重复(répétition)有关。 也就是说,它正处在与“词典的用途”完全相反的那一面。 因此,以那种方式将那些本可以在当时帮助我“留下痕迹(faire ma trace)”的人引到别的方向去, 也不失为一种相当不错的做法。
[译注] 原文是 un langage(“一门语言”):无意识并不等同于某一种具体语言,也不能在这里改写为 lalangue。
原文 · s19b-01-0092, s19b-01-0093, s19b-01-0094, s19b-01-0095, s19b-01-0096, s19b-01-0097, s19b-01-0098, s19b-01-0099, s19b-01-0100, s19b-01-0101, s19b-01-0102, s19b-01-0103, s19b-01-0104, s19b-01-0105, s19b-01-0106, s19b-01-0107, s19b-01-0108, s19b-01-0109, s19b-01-0110, s19b-01-0111
La grammaire et la répétition, c’est un tout autre versant
- que celui que j’épinglais tout à l’heure de l’invention, qui n’est pas rien sans doute,
- ni la persuasion non plus.
Contrairement à ce qui est - je ne sais pourquoi - encore très répandu, le versant utile dans la fonction de « Lalangue », le versant utile pour nous psychanalystes, pour ceux qui ont affaire à l’inconscient - c’est la logique.
Ceci est une petite parenthèse qui se raccorde à ce qu’il y a de risque de perte dans cette promotion absolument improvisée et mythique, à laquelle je n’ai vraiment prêté nulle occasion qu’on fasse erreur, celle qui se propulse du non-savoir.
Est-ce qu’il y a besoin de démontrer qu’il y a dans la psychanalyse - fondamental et premier - le savoir.
C’est ce qu’il va me falloir vous démontrer.
Approchons-le par un bout, ce caractère premier massif, la primauté de ce savoir dans la psychanalyse.
Faut-il vous rappeler que quand Freud essaie de rendre compte des difficultés qu’il y a dans le frayage de la psychanalyse...
un article de 1917 dans Imago, si mon souvenir est bon, et en tout cas qui a été traduit,
il est paru dans le 1^er^ numéro de l’*International journal of Psychoanalysis *:
« Une difficulté sur la voie de la Psychanalyse », comme cela que ça s’intitule ...c’est que le savoir dont il s’agit, ben il passe pas aisément comme ça.
Freud l’explique comme il peut, et c’est même comme ça qu’il prête à malentendu - c’est pas de hasard - ce fameux terme de « *résistance *» dont je crois être arrivé au moins dans une certaine zone, qu’on ne nous en rebatte plus les oreilles, mais il est certain qu’il y en a une [zone] où, je n’en doute pas, il fleurit toujours ce fameux terme de « *résistance *» qui est évidemment pour lui d’une appréhension permanente.
Et alors je dois dire...
pourquoi ne pas oser le dire ...que nous avons tous nos glissements, c’est surtout les « *résistances *» qui favorisent les glissements.
On en découvrira dans quelques temps dans ce que j’ai dit, mais après tout, c’est pas si sûr.
Enfin bref, il tombe dans un travers, Freud.
Il pense que contre la résistance il n’y a qu’une chose à faire, c’est la révolution.
Et alors, il se trouve masquer complètement ce dont il s’agit, à savoir la difficulté très spécifique qu’il y a à faire entrer en jeu une certaine fonction du savoir.
Il le confond avec « le faire », ce qui est épinglé de « révolution dans le savoir ».
C’est là dans ce petit article...
il le reprendra ensuite dans « Malaise dans la civilisation » ...qu’il y a le premier grand morceau sur « la révolution copernicienne ».
语法与重复属于完全不同的一面,不同于我刚才所指出的“发明(invention)”那一面——发明当然并非微不足道,说服(persuasion)也同样如此。
我不知道为什么——与如今仍然广泛流行的看法相反,在“lalangue”的功能中,对我们精神分析家、对那些与无意识打交道的人来说,其真正有用的一面,是逻辑(logique)。 这只是一个小小的插曲,它关系到那种完全即兴且神话化、由“非知(non-savoir)”推动起来的“推崇(promotion)”所包含的失落风险;我确实从未给人留下误解我的机会。 难道还需要证明吗?在精神分析中,最根本、最初的东西,就是知识(savoir)。 这正是我现在必须向你们展示的。
非知,会导向一个“不可知的整体”。这个整体以一种“变幻莫测的有机方式运作”。 格式塔和生机论
让我们从某一端来接近这个问题——即精神分析中这一原初且坚实的特征:知识(savoir)的首要性(primauté)。 我是否需要提醒你们:当弗洛伊德试图说明精神分析在开辟其道路时所遭遇的困难时,写过一篇文章(如果我没记错,是1917年发表于Imago),后来被译出,并刊登在《国际精神分析杂志》(The International Journal of Psychoanalysis)创刊号上: 题目是《精神分析之路上的一个困难》(Une difficulté sur la voie de la Psychanalyse)。 其中指出的,正是这样一点: 精神分析所涉及的这种知识——并不是能轻易传递的。 弗洛伊德对这一点的解释方式——他尽其所能——正是因此,他引入了一个极易造成误解的术语——“阻抗(résistance)”。 这并非偶然。我想,在某个层面上,我多少已经让这个词不再被反复滥用——至少在某些圈子里,我们不再被这个词烦扰不休; 不过显然,还有一些地方——我毫不怀疑——这个“阻抗”依然盛行开花。 而对弗洛伊德而言,这个词显然是他长期“忧虑不已(appréhension permanente)”的一个概念。 我得说——为什么不敢直说呢——我们每个人都有自己的滑移(glissements),而偏偏是那些“ 阻抗(résistances)”,最容易促成这些滑移。 也许过一段时间,人们也会在我说过的话里发现类似的滑移,不过嘛,那也未必。总之,弗洛伊德在这里确实陷入了一个误区(travers)。
滑移和误区这两个词是对应的。 分析家由于自身的原因,无可避免的有“滑移”,因此可能会陷入某种“误区”。
弗洛伊德用“阻抗”来解释分析的困难,但这个词容易造成误解,让人把问题理解为病人“拒绝配合”,同样转移也是类似。
弗洛伊德认为,针对“阻抗”,唯一能做的事情就是“革命(révolution)”。因此,他恰好彻底遮蔽了问题的核心:即要使某种知识的功能进入运作,这其中存在着极其特殊的困难。 他(弗洛伊德)把那件事混同于“行动(le faire)”, 并且将其标记为一种“知识之中的革命(révolution dans le savoir)”。 就在那篇小文(即《精神分析之路上的一个困难》)中…… 而他稍后在《文明及其不满(Malaise dans la civilisation)》里又重新回到这一主题—— 在那里出现了关于“哥白尼式革命(révolution copernicienne)”的最早一段重要论述。
原文 · s19b-01-0112, s19b-01-0113, s19b-01-0114, s19b-01-0115, s19b-01-0116, s19b-01-0117, s19b-01-0118, s19b-01-0119, s19b-01-0120, s19b-01-0121, s19b-01-0122, s19b-01-0123, s19b-01-0124, s19b-01-0125, s19b-01-0126, s19b-01-0127, s19b-01-0128, s19b-01-0129, s19b-01-0130, s19b-01-0131, s19b-01-0132, s19b-01-0133
C’était un « bateau » du savoir universitaire de l’époque.
Copernic - pauvre Copernic ! - avait fait la révolution.
C’était lui - qu’on dit dans les manuels - qu’avait remis le soleil au centre et la Terre à tourner autour.
Il est tout à fait clair que malgré le schéma qui montre bien ça en effet dans « De revolutionnibus etc. », Copernic là-dessus n’avait strictement aucun parti pris et personne n’eût songé à lui - là-dessus - chercher noise.
Mais c’est un fait en effet, que nous sommes passés du géo à l’héliocentrisme et que ceci est censé avoir porté un coup, un « blow » comme on s’exprime dans le texte anglais, à je ne sais quel prétendu narcissisme cosmologique.
Le deuxième « blow », qui lui est biologique, Freud nous l’évoque au niveau de Darwin sous prétexte que, comme pour ce qui est de la terre, les gens ont mis un certain temps à se remettre de la nouvelle annonce : celle qui mettait l’homme en relation de cousinage avec les primates modernes.
Et Freud explique la « *résistance *» à la psychanalyse par ceci : c’est que ce qui est atteint, c’est à proprement parler cette consistance du savoir qui fait que quand on sait quelque chose, le minimum qu’on en puisse dire, c’est qu’on sait qu’on le sait.
Laissons ce qu’il évoque à ce propos, car c’est là l’os, ce qu’il ajoute, à savoir la peinturlure en forme de « moi » qui est faite là autour, c’est à savoir que celui qui sait qu’il sait, ben c’est « moi ».
Il est clair que cette référence au « moi » est seconde par rapport à ceci :
- qu’un savoir se sait,
- et que la nouveauté c’est que ce que la psychanalyse révèle c’est un savoir insu à lui-même.
Mais je vous le demande, qu’est-ce qu’il y aurait là de nouveau, voire de nature à provoquer la résistance, si ce savoir était de nature, de tout un monde - animal précisément - où personne ne songe à s’étonner qu’en gros l’animal sache ce qu’il lui faut, à savoir que si c’est un animal à vie terrestre, il ne s’en va pas plonger dans l’eau plus d’un temps limité : il sait que ça ne lui vaut rien.
Si l’inconscient est quelque chose de surprenant, c’est que ce savoir c’est autre chose : c’est ce savoir dont nous avons l’idée...
combien d’ailleurs peu fondée depuis toujours,
puisque c’est pas pour rien qu’on a évoqué l’inspiration, l’enthousiasme, ceci depuis toujours ...c’est à savoir que le savoir insu dont il s’agit dans la psychanalyse, c’est un savoir qui bel et bien s’articule, est structuré comme un langage.
En sorte qu’ici la révolution, si je puis dire, mise en avant par Freud, tend à masquer ce dont il s’agit : c’est que ce quelque chose qui ne passe pas, révolution ou pas, c’est une subversion qui se produit - où ? – dans la fonction, dans la structure du savoir.
Et c’est ça qui ne passe pas, parce qu’à la vérité la révolution cosmologique, on peut vraiment pas dire...
mis à part le dérangement que ça donnait à quelques Docteurs de l’Église ...que ce soit quelque chose qui d’aucune façon soit de nature à ce que l’Homme, comme on dit, s’en sente d’aucune façon humilié.
C’est pourquoi l’emploi du terme de révolution est aussi peu convainquant, car le fait même qu’il y ait eu sur ce point révolution, est plutôt exaltant pour ce qui est du narcissisme.
Il en est tout à fait de même pour ce qui est du darwinisme : il n’y a pas de doctrine qui mette plus haut la production humaine que l’évolutionnisme, il faut bien le dire.
Dans un cas comme dans l’autre, cosmologique ou biologique, toutes ces révolutions n’en laissent pas moins l’Homme à la place de la fleur de la création.
C’est pourquoi on peut dire que cette référence est véritablement mal inspirée.
C’est peut-être elle qui est faite justement pour masquer, pour faire passer ce dont il s’agit, à savoir que ce savoir, ce nouveau statut du savoir, c’est cela qui doit entraîner un tout nouveau type de discours, lequel n’est pas facile à tenir et, jusqu’à un certain point, n’a pas encore commencé.
那不过是当时大学知识(savoir universitaire)的一个“套路(bateau)”。 可怜的哥白尼!——据课本上说,他“发动了革命”,是他把太阳重新放到中心位置,让地球围着它转。然而,显而易见,即便在他的那部《天体运行论(De revolutionibus orbium coelestium)》中,那幅著名的图确实清楚地画出了这一模型,哥白尼本人对此却并无任何立场,也没有人因此去找他麻烦(chercher noise)。 然而,事实确实如此:我们确已从地心说(géocentrisme)转向了日心说(héliocentrisme), 而这通常被认为对某种所谓的“宇宙自恋(narcissisme cosmologique)”造成了一记打击——一个“ 打击(blow)”,正如英文原文中所说的那样。第二个“打击”,则是生物学层面的。 弗洛伊德在谈到达尔文时提到了它,理由是——就像当初关于地球的事一样——人们花了相当长的时间才从那则“新宣布”中恢复过来:即——人类被宣布与现代灵长类动物有近亲关系(relation de cousinage)。
哥白尼本人其实并没有想要“搞革命”,也没有主动挑战什么,而是后人赋予了这种“打击”的意义。这与达尔文同样:人们并不是立刻接受,而是经历了抵抗与迟缓。
对知识的 【抵抗 与 阻抗】,弗洛伊德意义上的阻抗就这么来了。
弗洛伊德对“精神分析所遭遇的阻抗(résistance)”的解释是这样的: 被触及、被动摇的,恰恰是知识的那种一致性(consistance du savoir)—— 也就是说,当一个人知道某件事时,最起码可以说:“我知道我知道。” 暂且把他在这方面所引出的东西放在一边,因为那正是关键之处(l’os)。 他在这里又加上了一层“自我(moi)”的粉饰(peinturlure),就是说:“那个知道自己知道的人,就是自我(moi)。” 但很明显,这个“我”的指涉其实是次要的(seconde),相对于更首要的是: ——知识本身可以“知道自己”; ——而精神分析所揭示的新奇之处,在于:有一种知识,它对自身一无所知(un savoir insu à lui-même)。 但我想问你们:如果那种知识属于一个整体的世界——一个动物的世界(monde animal)。 那么,这里面又有什么新奇可言,甚至足以引发所谓的“阻抗”呢? 毕竟,没有人惊讶于:动物大体上都知道自己需要什么。比如,一只陆生动物,不会长时间潜入水中,它知道——那对它可没好处。
这种对“自我”的指称是次要的,不是说不重要,而是说这种自我的指涉是“后续的效果”,而不是起因。
如果说无意识(l’inconscient)之所以令人惊讶,那是因为它所涉及的这种“知识(savoir)”完全是另一回事。 那是一种我们自以为了解的知识——一种从来就缺乏充分根据(peu fondée)的观念,否则,人们也不会自古以来就不断谈论“灵感(inspiration)”、“神感的狂喜(enthousiasme)”之类的东西。 而精神分析所涉及的这种“不自知的知识(savoir insu)”,恰恰是一种确确实实被表述出来(s’articule)、其结构如同一种语言(est structuré comme un langage)的知识。
因此,弗洛伊德提出的那场“革命”,可以说,反而遮蔽了真正的问题: 那就是——不论是不是“革命”——真正无法被消化的东西,是一种发生在知识功能与结构中的颠覆(subversion)。
而这才是“过不去”的东西。因为,说实话,所谓的“宇宙学革命”,除了给少数几位教会博士们带来一些困扰之外,我们实在不能说,它在任何意义上足以让“人类”感到受辱(humilié)。
因此,使用“革命(révolution)”这个词是极不令人信服的,因为事实上,这类所谓的“革命”反而更让人类的自恋(narcissisme)感到振奋。 达尔文主义也是完全一样的: 坦白说,没有任何学说比进化论更抬高“人的产生”。无论是宇宙学层面的,还是生物学层面的,这些“革命”最终都没有改变:人类依旧停留在被视为“造物之花”的位置。 因此可以说,把这种比喻当作参照,实在是一次“错误的灵感(mal inspirée)”。 甚至可以说,它的目的正是为了掩盖真正的问题,让它蒙混过去。 那就是——这种知识、这种知识的新地位,必须引发一种全新的话语类型。而这种话语既不容易维持,而且——至少在某种程度上——至今仍未真正开始。
原文 · s19b-01-0134, s19b-01-0135, s19b-01-0136, s19b-01-0137, s19b-01-0138, s19b-01-0139, s19b-01-0140, s19b-01-0141, s19b-01-0142
L’inconscient - ai-je dit - est structuré comme un langage, un langage : lequel ? Et pourquoi ai-je dit un langage ?
Parce qu’en fait de langage, nous commençons d’en connaître un bout :
- on parle de langage-objet dans la logique, mathématique ou pas,
- on parle de métalangage,
- on parle même de « langage » depuis quelque temps au niveau de la biologie, on parle de langage à tort et à travers,
Pour commencer, je dis que si je parle de langage c’est parce qu’il s’agit de traits communs à se rencontrer dans lalangue, lalangue étant elle-même sujette à une très grande variété, il y a pourtant des constantes.
Le langage dont il s’agit, comme j’ai pris le temps, le soin, la peine et la patiente de l’articuler, c’est le langage où l’on peut distinguer
- « le code »,
- du « message », entre autres.
拉康在这里指出,即便人类被证明是由猿类进化而来,这一点并没有真正动摇人类在既有话语中作为“造物之花,万物之灵”的位置。同样,日心说取代地心说,也并没有触及那个更深的前提——即“必须以某物为中心”的设想依然在运作。 而在第十七期研讨班里面,拉康就提到过,哥白尼革命的真正颠覆性之处并不在于把太阳放在宇宙中心,而在于揭示了行星运行的轨道并非正圆,而是椭圆。星球之间存在某种相互作用的力量,牛顿最终将这种作用普遍化为“万有引力”。自此,不再是“某个中心天体”吸引其余的物质革命或者说吸引其他物质旋转(révolution),而是任何物质之间都存在一种普遍的作用力。正是在这里,“以某个星球为中心旋转”的设想才真正被彻底瓦解。
我曾说过:无意识是被结构化如同一种语言(l’inconscient est structuré comme un langage)。 ——但,究竟是哪一种语言呢?为什么我说“一种语言(un langage)”? 那是因为,关于“语言”这件事,我们如今已经知道了一点: ——在逻辑学(不论是数学逻辑还是其他逻辑)中,我们谈到对象语言(langage-objet); ——我们谈到元语言(métalangage); ——我们甚至近来也在生物学层面谈到“语言”; ——总之,“语言”这个词如今被滥用(à tort et à travers)到处都是。 首先,我要说明: 当我说“语言”时,是因为我指的是那些可以在 lalangue 中发现的共同特征(traits communs)。 虽然 lalangue 本身有着极其多样的形式,但其中确实存在某些恒定之处。我所指的“语言”——我曾花时间、用心、耐心去加以阐明的——是一种可以区分“代码(code)”与“讯息(message)”的语言。
原文 · s19b-01-0143, s19b-01-0144, s19b-01-0145, s19b-01-0146, s19b-01-0147, s19b-01-0148, s19b-01-0149, s19b-01-0150, s19b-01-0151, s19b-01-0152, s19b-01-0153, s19b-01-0154, s19b-01-0155, s19b-01-0156, s19b-01-0157, s19b-01-0158, s19b-01-0159, s19b-01-0160, s19b-01-0161, s19b-01-0162, s19b-01-0163, s19b-01-0164, s19b-01-0165, s19b-01-0166, s19b-01-0167, s19b-01-0168, s19b-01-0169, s19b-01-0170, s19b-01-0171, s19b-01-0172, s19b-01-0173, s19b-01-0174, s19b-01-0175
Sans cette distinction minimale, il n’y a pas de place pour la parole.
C’est pourquoi quand j’introduis ces termes, je les intitule de « Fonction et champ de la parole...
pour la parole, c’est la fonction ...et du langage...
pour le langage, c’est le champ.
La parole définit la place de ce qu’on appelle la vérité.
Ce que je marque dès son entrée, pour l’usage que j’en veux faire, c’est sa structure de fiction, c’est-à-dire aussi bien de mensonge.
À la vérité - c’est le cas de le dire - la vérité ne dit la vérité - pas à moitié ! - que dans un cas : c’est quand elle dit « je mens ». C’est le seul cas où l’on est sûr qu’elle ne ment pas, parce qu’elle est supposée le savoir.
Mais Autrement, c’est à dire Autrement avec un grand A, il est bien possible qu’elle dise tout de même la vérité sans le savoir.
C’est ce que j’ai essayé de marquer de mon grand S, parenthèse du grand A précisément, et barré : S(A).
Ça au moins, ça vous pouvez pas dire que c’est pas en tout cas un savoir...
pour ceux qui me suivent ...qui ne soit pas à ce qu’il faille en tenir compte pour se guider, fût-ce à la petite semaine.
C’est le 1^er^ point de « l’inconscient structuré comme un langage ».
Le 2^ème^, vous ne m’avez pas attendu...
je parle aux psychanalystes ...vous ne m’avez pas attendu pour le savoir, puisque c’est le principe même de ce que vous faites dès que vous interprétez.
Il n’y a pas une interprétation qui ne concerne - quoi ? –
- le lien de ce qui, dans ce que vous entendez, se manifeste de parole, le lien de ceci,
- à la jouissance.
Il se peut que vous le fassiez en quelque sorte innocemment, à savoir sans vous être jamais aperçu qu’il n’y a pas une interprétation qui veuille jamais dire autre chose, mais enfin une interprétation analytique c’est toujours ça : que le bénéfice soit secondaire ou primaire, le bénéfice est de jouissance.
Et ça, il est tout à fait clair que la chose a émergé sous la plume de Freud, pas tout de suite car il y a une étape, il y a le principe du plaisir, mais enfin il est clair qu’un jour ce qui l’a frappé, c’est que quoi qu’on fasse, innocent ou pas, ce qui se formule...
de ce jeu, une vérité s’énonce ...ce qui se formule quoi qu’on y fasse, est quelque chose qui se répète.
« L’instance - ai-je dit - de la lettre », et si j’emploie « instance » c’est, comme pour tous les emplois que je fais des mots, non sans raison, c’est qu’instance
- résonne aussi bien : au niveau de la juridiction,
- résonne aussi au niveau de l’insistance, où il fait surgir ce module que j’ai défini de l’instant, au niveau d’une certaine logique.
Cette répétition, c’est là que Freud découvre « l’Au-delà du principe du plaisir ».
Seulement voilà, s’il y a un au-delà, ne parlons plus du « principe », parce qu’un principe où il y a un au-delà, c’est plus un principe, et laissons de côté du même coup le principe de réalité. Tout ça est très clairement à revoir.
Il n’y a tout de même pas 2 classes d’êtres parlants :
- ceux qui se gouvernent selon le principe du plaisir et le principe de réalité,
- et ceux qui sont Au-delà du principe du plaisir, surtout que comme on dit - c’est le cas de le dire - cliniquement ce sont bien les mêmes.
Le processus primaire s’explique dans un premier temps par cette approximation qu’est l’opposition, la bipolarité, principe du plaisir - principe de réalité.
Il faut bien le dire, cette ébauche est intenable, et seulement faite pour faire gober ce qu’elles peuvent aux oreilles contemporaines de ces premiers énoncés, qui sont...
je ne veux pas abuser de ce terme ...des oreilles bourgeoises, à savoir qui n’ont absolument pas la moindre idée de ce que c’est que le principe du plaisir.
Le principe du plaisir est une référence de la morale antique : dans la morale antique, le plaisir, qui consiste précisément à en faire le moins possible « otium cum dignitate », c’est une ascèse dont on peut dire qu’elle rejoint celle des pourceaux, mais c’est pas du tout dans le sens où l’on l’entend.
Le mot « pourceau » ne signifiait pas dans l’Antiquité « être cochon », ça voulait dire que ça confinait à la sagesse de l’animal. C’était une appréciation, une touche, une note, donnée de l’extérieur par des gens qui ne comprenaient pas de quoi il s’agissait, à savoir du dernier raffinement de la morale du Maître.
如果没有这一最基本的区分(distinction minimale),**言说(parole)便无立足之处。 因此,当我引入这些术语时,我给它们命名为——《言说的功能与语言的领域(Fonction et champ de la parole et du langage)》。对于言说(parole)而言,关键在于功能(fonction)**; 而对于语言(langage)而言,关键在于领域(champ)。言说决定了所谓“真理(vérité)”的位置。 我从“真理”一登场便为我想对它作的使用而标明的,正是它的结构: 它是一个虚构的结构(structure de fiction),也就是说,同样是一种谎言的结构(structure de mensonge)。
的确——就“真理(vérité)”而言,有一句话正好可以照字面地说出来: 真理只有在一种情况下才说出真理——而且不是半真半假的那种: 那就是当它说出:「我在说谎(je mens)」的时候。这是唯一一种我们能够确定她没有说谎的情形,因为她被假定为“知道自己在说谎”。 但除此之外——换句话说,“Autrement”,而且是那个带大写A的“Autre”,即“大他者(l’Autre)”,真理也完全可能在自己并不知道的情况下依然说出了真理。 我正是想用那个公式来标示这一点: 一个大写的S,括号里放着大写的A,而且是带斜杠的:S(A̷)。大写的 S,括号里的大写 A,并且加上一道杠。 至少这一点——你们无法否认——这无疑是一种必须被考虑的知识: 对于那些跟随我思路的人而言,这一点值得被认真对待,哪怕只是“临时指导”。 这,便是我命题“无意识像一门语言那样被结构(l’inconscient est structuré comme un langage)”的第一个要点。
“我在说谎”这句话本身是一个悖论。 而真理只有在这种悖论中,才可能成被说出。
真理是——这句话中语言与逻辑产生了冲突。 自我指涉在这里行不通了。 因此语言在此不得不分裂出两个主体,说的主体和话的主体。 这种分裂则可以用/进行表示。 真理只能半说(半/悖) 而这里划杠的A——A̸ 大他者作为语言,也就是领域的位置。 划杠和un是否存在某种关系吗? 或者说un 意味着 “众多中的一个”,它并不独一无二,并不大写。 lalangue 呢?
第二个要点——我是在对诸位精神分析家说——你们早已知道这一点不需要等我来说才明白,因为这正是你们一旦开始“解释(interpréter)”时所依据的原则。 没有任何一次解释不是关涉到——什么呢?——关涉到那在你们所听到的内容中所显现出来的“言说(parole)”,以及这言说与“享乐(jouissance)”之间的联系(lien)。 你们也许是在某种意义上“天真地(innocemment)”这么做的,也就是说——你们也许从未意识到, 任何一次解释,其实从未意图说出别的什么。 然而,精神分析的每一个解释,始终只有这一件事: 无论那“收益(bénéfice)”是次要的(secondaire)还是主要的(primaire),其最终的收益,都是享乐。
甚至可以这么说,这是拉康派精神分析面对话语的立场。解释的方向不在于这些话语背后有什么“真理”一般的意义,而在于这些话语与享乐之间的关系。
这一点——非常清楚——在弗洛伊德的笔下确实浮现出来了。当然,不是一开始就出现的;中间有一个阶段,那就是“快乐原则(principe du plaisir)”。 但终究有一天,他被某件事情震撼到了:无论人做什么,不论是“天真无辜”还是别的,总有某种东西在言说中被表述出来(se formule),从这种“游戏(jeu)”中,一种真理被说出(une vérités’énonce)——而这种被表述出来的东西,不论人愿意与否,都是重复的(se répète)。 “字母的能位(l’instance de la lettre)”,我曾这样说。 而我使用“能位(instance)”这个词——如同我对所有词的使用一样——绝非无意。 这个词“instance”同时回响(résonne)于两个层面: – 在司法的层面(juridiction)上:它意指一个“权威的审判、位置、决定”; – 在“坚持 / 执着(insistance)”的层面上: 它让我们看到我所定义的“瞬间(instant)”的那个逻辑模组。换言之,“instance”在这里是逻辑上的位置与时刻的结点。 正是在这种重复(répétition)之中,弗洛伊德才发现了那所谓的《超越快乐原则(Au-delà du principe du plaisir)》。不过,事情也就此变得有些滑稽: 如果真有一个“彼岸(au-delà)”,那就不必再称之为“原则(principe)”了。 ——因为,一个能被超越的“原则”,就不再是原则。因此,也就该把所谓的“现实原则(principe de réalité)”一并放下。这些观念,都需要被彻底重新审视。 毕竟,我们并没有两种不同类别的“说话之在(êtres parlants)”: ——一类按照“快乐原则”和“现实原则”来支配自己; ——另一类则“处在快乐原则的彼岸”。 尤其是——如人们常说(c’est le cas de le dire)——从临床上看,他们根本就是同一批人。 所谓“原发过程(processus primaire)”,最初是以这样一种粗略的近似(approximation)来加以解释的: 即“快乐原则与现实原则(principe du plaisir – principe de réalité)”之间的二元对立。 但必须坦率地说,这种最初的草图(ébauche)根本站不住脚(intenable)。它只是为了让当时的听众多少能“吞下”(faire gober)一点这些最初的论述(énoncés)的要义——那些听众是……我不想过分使用这个词……“资产阶级的耳朵(oreilles bourgeoises)”。也就是说:他们根本没有丝毫概念,不知道所谓“快乐原则”究竟是什么。 “快乐原则(principe du plaisir)”,其实是古代道德观中的一个参照概念。在古代的道德观中,所谓“快乐”,指的恰恰是尽可能地少行动(en faire le moins possible)——即所谓“带尊严的闲暇(otium cum dignitate)”。这种快乐,本身是一种修行(ascèse),严格地说,它甚至可以说接近“猪一般的”(celle des pourceaux)——但绝不是我们今天所理解的那个意思。 在古代,“pourceau(猪)”这个词并不意味着“下流”或“放纵”,它象征着一种动物的智慧(sagesse de l’animal)。 这是外部之人所加的一种评论——一种误解的修辞色彩——来自那些并不理解其中含义的人,也就是他们无法体会,这其实是主人的道德(morale du Maître)中最精致的修养境界。
“ascèse”意为一种通过节制、练习、禁欲来达到宁静(ataraxia)的实践。
注:Langage:人类使用符号进行表达、交流的普遍能力,也就是语言现象。 Langue: 符号-语言系统
原文 · s19b-01-0176, s19b-01-0177, s19b-01-0178, s19b-01-0179, s19b-01-0180, s19b-01-0181, s19b-01-0182, s19b-01-0183, s19b-01-0184, s19b-01-0185, s19b-01-0186, s19b-01-0187, s19b-01-0188, s19b-01-0189, s19b-01-0190, s19b-01-0191, s19b-01-0192, s19b-01-0193, s19b-01-0194, s19b-01-0195, s19b-01-0196, s19b-01-0197, s19b-01-0198, s19b-01-0199, s19b-01-0200, s19b-01-0201, s19b-01-0202, s19b-01-0203, s19b-01-0204, s19b-01-0205, s19b-01-0206, s19b-01-0207, s19b-01-0208, s19b-01-0209, s19b-01-0210, s19b-01-0211, s19b-01-0212, s19b-01-0213, s19b-01-0214, s19b-01-0215, s19b-01-0216, s19b-01-0217, s19b-01-0218, s19b-01-0219, s19b-01-0220, s19b-01-0221, s19b-01-0222, s19b-01-0223, s19b-01-0224, s19b-01-0225, s19b-01-0226, s19b-01-0227, s19b-01-0228, s19b-01-0229, s19b-01-0230, s19b-01-0231, s19b-01-0232, s19b-01-0233, s19b-01-0234, s19b-01-0235, s19b-01-0236, s19b-01-0237, s19b-01-0238, s19b-01-0239, s19b-01-0240, s19b-01-0241, s19b-01-0242, s19b-01-0243, s19b-01-0244, s19b-01-0245, s19b-01-0246, s19b-01-0247, s19b-01-0248, s19b-01-0249, s19b-01-0250, s19b-01-0251, s19b-01-0252, s19b-01-0253, s19b-01-0254, s19b-01-0255, s19b-01-0256, s19b-01-0257, s19b-01-0258, s19b-01-0259, s19b-01-0260, s19b-01-0261, s19b-01-0262, s19b-01-0263, s19b-01-0264, s19b-01-0265, s19b-01-0266, s19b-01-0267, s19b-01-0268, s19b-01-0269, s19b-01-0270, s19b-01-0271, s19b-01-0272, s19b-01-0273, s19b-01-0274, s19b-01-0275, s19b-01-0276, s19b-01-0277, s19b-01-0278, s19b-01-0279, s19b-01-0280, s19b-01-0281, s19b-01-0282, s19b-01-0283, s19b-01-0284
Qu’est-ce que ça peut bien avoir à faire avec l’idée que le bourgeois se fait du plaisir, et d’ailleurs, il faut bien le dire, de la réalité ?
Quoi qu’il en soit - c’est le 3^ème^ point - ce qui résulte de l’insistance avec laquelle l’inconscient nous livre ce qu’il formule, c’est que si d’un côté notre interprétation n’a jamais que le sens de faire remarquer ce que le sujet y trouve, qu’est-ce qu’il y trouve ? Rien qui ne doive se cataloguer du registre de la jouissance. C’est le 3^ème^ point.
4^ème^ point : où est-ce que ça gîte, la jouissance ?
Qu’est ce qu’il y faut ? Un corps !
Pour jouir, il faut un corps.
Même ceux qui font promesse des béatitudes éternelles ne peuvent le faire qu’à supposer que le corps s’y véhicule : glorieux ou pas, il doit y être.
Faut un corps. Pourquoi ?
Parce que la dimension de la jouissance, pour le corps, c’est la dimension de la descente vers la mort.
C’est d’ailleurs très précisément en quoi le principe du plaisir dans Freud annonce qu’il savait bien, dès ce moment-là, ce qu’il disait, car si vous le lisez avec soin, vous y verrez que le principe du plaisir n’a rien à faire avec l’hédonisme, même s’il nous est légué de la plus ancienne tradition, il est en vérité le principe du déplaisir.
Il est le principe du déplaisir, c’est au point qu’à l’énoncer à tout instant, Freud dérape.
« Le plaisir en quoi consiste-t-il ? », nous dit-il, c’est à abaisser la tension.
Mais qu’est ce que c’est que cette tension, si ce n’est le principe même de tout ce qui a le nom de jouissance : de quoi jouir sinon qu’il se produise une tension ?
C’est bien en quoi, alors que Freud est sur le chemin du « Jenseits... », de l’ « Au-delà du principe du plaisir », qu’est-ce qu’il nous énonce dans « Malaise dans la civilisation », sinon que très probablement, bien au-delà de la répression dite « sociale », il doit y avoir une répression - il l’écrit textuellement - organique.
Il est curieux, il est dommage qu’il faille se donner tant de peine pour des choses dites avec tant d’évidence, et pour faire percevoir ceci : c’est que la dimension dont l’être parlant se distingue de l’animal, c’est assurément qu’il y a en lui « cette béance » par où il se perdait, par où il lui est permis d’opérer sur le ou les corps...
que ce soit le sien ou celui de ses semblables, ou celui des animaux qui l’entourent, ...pour en faire surgir, à leur ou à son bénéfice, ce qui s’appelle à proprement parler la jouissance.
Il est assurément plus étrange que les cheminements que je viens de souligner...
ceux qui vont de cette description sophistiquée du principe du plaisir
à la reconnaissance ouverte de ce qu’il en est de la jouissance fondamentale ...il est plus étrange de voir que Freud, à ce niveau, croit devoir recourir à quelque chose qu’il désigne de l’instinct de mort.
Non que ce soit faux, seulement le dire ainsi, de cette façon tellement savante, c’est justement ce que les savants qu’il a engendrés sous le nom de psychanalystes ne peuvent absolument pas avaler.
Cette longue cogitation, cette rumination autour de l’instinct de mort, qui est ce qui caractérise, on peut le dire, enfin, l’ensemble de l’institution psychanalytique internationale, cette façon qu’elle a de se cliver, de se partager, de se répartir :
- admet-elle, n’admet-elle pas,
- « là, je m’arrête, je ne le suis pas jusque là... » ...ces interminables dédales autour de ce terme qui semble choisi pour donner l’illusion que dans ce champ quelque chose a été découvert qu’on puisse dire analogue à ce qu’en logique on appelle paradoxe, il est étonnant que Freud, avec le chemin qu’il avait déjà frayé, n’ait pas cru devoir le pointer purement et simplement.
La jouissance qui est vraiment, dans l’ordre de l’érotologie, à la portée de n’importe qui - il est vrai qu’à cette époque les publications du marquis de Sade étaient moins répandues, c’est bien pourquoi j’ai cru devoir, histoire de prendre date, marquer quelque part dans mes Écrits la relation de « Kant avec Sade ».
Si à procéder ainsi pourtant, je pense tout de même qu’il y a une réponse, il n’est pas forcé que pour lui, plus que pour aucun d’entre nous, il ait su tout ce qu’il disait.
Mais au lieu de raconter des bagatelles autour de l’instinct de mort primitif...
- venu de l’extérieur ou venu de l’intérieur,
- ou se retournant de l’extérieur sur l’intérieur,
- et engendrant sur le tard, enfin se rejetant sur l’agressivité et la bagarre, ...on aurait peut-être pu lire ceci dans l’instinct de mort de Freud, qui porte peut-être à dire que le seul acte somme toute, s’il y en a un, qui serait un acte achevé...
entendez bien que je parle, comme l’année dernière je parlais « D’un discours qui ne serait pas du semblant » dans un cas comme dans l’autre il n’y en a pas, ni de discours ni d’acte tel ...cela donc serait, s’il pouvait être, le suicide.
C’est ce que Freud nous dit.
Il nous le dit pas comme ça, en cru, en clair, comme on peut le dire maintenant, maintenant que la doctrine a un tout petit peu frayé sa voie et qu’on sait qu’il n’y a d’acte que raté, et que c’est même la seule condition d’un semblant de réussir.
C’est bien en quoi le suicide mérite objection : c’est qu’on n’a pas besoin que ça reste une tentative pour que ce soit de toute façon raté, complètement raté du point de vue de la jouissance.
Peut-être que les bouddhistes, avec leurs bidons d’essence - car ils sont à la page - on n’en sait rien car ils ne reviennent pas porter témoignage.
C’est un joli texte, le texte de Freud.
C’est pas pour rien s’il nous ramène le soma et le germen.
Il sent, il flaire que c’est là qu’il y a quelque chose à approfondir.
Oui, ce qu’il y a à approfondir, c’est le 5^ème^ point que j’ai énoncé cette année dans mon séminaire et qui s’énonce ainsi : « il n’y a pas de rapport sexuel ».
Bien entendu, ça paraît comme ça un peu zinzin, un peu *éffloupi *: suffirait de baiser un bon coup pour me démontrer le contraire.
Malheureusement c’est la seule chose qui ne démontre absolument rien de pareil parce que la notion de rapport ne coïncide pas tout à fait avec l’usage métaphorique que l’on fait de ce mot tout court « *rapport *» : ils ont eu des rapports, c’est pas tout à fait ça.
On peut sérieusement parler de rapport non seulement quand l’établit un discours, mais quand on l’énonce, le rapport.
Parce que c’est vrai que le réel est là avant que nous le pensions, mais le rapport c’est beaucoup plus douteux, non seulement il faut le penser, mais *il faut l’écrire *: si vous êtes pas foutus de l’écrire, il n’y a pas de rapport.
Ce serait peut-être très remarquable s’il s’avérait...
assez longtemps pour que ça commence à s’élucider un peu ...qu’il est impossible de l’écrire ce qu’il en serait du rapport sexuel.
La chose a de l’importance parce que justement nous sommes, par le progrès de ce qu’on appelle « la science », en train de pousser très loin un tas de menues affaires qui se situent au niveau du gamète, au niveau du gène, au niveau d’un certain nombre de choix, de tris, qu’on appelle comme on veut, « méiose » ou autre, et qui semblent bien élucider quelque chose, quelque chose qui se passe au niveau du fait que la reproduction, au moins dans une certaine zone de la vie, est sexuée.
Seulement ça n’a pas absolument rien à faire avec ce qu’il en est du rapport sexuel, pour autant qu’il est très certain que chez l’être parlant, il y a autour de ce rapport, en tant que fondé sur la jouissance, un éventail tout à fait admirable en son étalement, et que 2 choses en ont été, par Freud - par Freud et le discours analytique - mises en évidence :
- c’est toute la gamme de la jouissance, je veux dire tout ce qu’on peut faire à convenablement traiter un corps, voire son corps, tout cela à quelque degré participe de la jouissance sexuelle. Seulement la jouissance sexuelle elle-même,
quand vous voulez mettre la main dessus, si je puis m’exprimer ainsi, elle n’est plus sexuelle du tout, elle se perd,
- et c’est là qu’entre en jeu tout ce qui s’édifie du terme de Phallus qui est bien là ce qui désigne un certain signifié,
un signifié d’un certain signifiant parfaitement évanouissant, car pour ce qui est de définir ce qu’il en est
de l’homme ou de la femme, ce que la psychanalyse nous montre, c’est très précisément que c’est impossible et que jusqu’à un certain degré, rien n’indique spécialement que ce soit vers le partenaire de l’autre sexe que doive se diriger la jouissance,
- si la jouissance est considérée, même un instant, comme le guide de ce qu’il en est de la fonction de reproduction.
Nous nous trouvons là devant l’éclatement de la – disons - notion de sexualité.
La sexualité est au centre, sans aucun doute, de tout ce qui se passe dans l’inconscient, mais elle est au centre en ceci qu’elle est un manque.
C’est-à-dire qu’à la place de quoi que ce soit qui pourrait s’écrire du rapport sexuel comme tel, se substituent les impasses qui sont celles qu’engendre la fonction de la jouissance précisément sexuelle, en tant qu’elle apparaît comme cette sorte de point de mirage, dont quelque part Freud lui-même donne la note comme de la jouissance absolue.
Et c’est si près que précisément elle ne l’est pas, absolue.
Elle ne l’est dans aucun sens, d’abord parce que comme telle elle est vouée à ces différentes formes d’échec que constituent
- la castration pour la jouissance masculine,
- la division pour ce qu’il en est de la jouissance féminine, et que d’autre part, ce à quoi la jouissance mène n’a strictement rien à faire avec la copulation, pour autant que celle-ci est, disons le mode usuel - ça changera - par où se fait dans l’espèce de l’être parlant, la reproduction.
En d’autres termes :
- il y a une thèse : « il n’y a pas de rapport sexuel », c’est de l’être parlant que je parle.
- Il y a une antithèse qui est la reproduction de la vie.
C’est un thème bien connu. C’est l’actuel drapeau de l’Église catholique, en quoi il faut saluer son courage.
L’Église catholique affirme qu’il y a un rapport sexuel : c’est celui qui aboutit à faire de petits enfants.
C’est une affirmation qui est tout à fait tenable, simplement elle est indémontrable.
Aucun discours ne peut la soutenir, sauf le discours religieux, en tant qu’il définit la stricte séparation
qu’il y a entre la vérité et le savoir.
- Et troisièmement, il n’y a pas de synthèse, à moins que vous n’appeliez « synthèse » cette remarque qu’il n’y a de jouissance que de mourir.
Tels sont les points de vérité et de savoir dont il importe de scander ce qu’il en est du « savoir du psychanalyste », à ceci près qu’il n’y a pas un seul psychanalyste pour qui ce ne soit lettre morte.
Pour la synthèse, on peut se fier à eux pour en soutenir les termes et les voir tout à fait ailleurs que dans l’instinct de mort. Chassez le naturel - comme on dit, n’est ce pas - il revient au galop.
Il conviendrait tout de même de donner son vrai sens à cette vieille formule proverbiale.
Le naturel, parlons-en, c’est bien de ça qu’il s’agit.
Le naturel, c’est tout ce qui s’habille de la livrée du savoir...
et Dieu sait que ça ne manque pas ...et un discours qui est fait uniquement pour que le savoir fasse « livrée », c’est le discours universitaire.
Il est tout à fait clair que l’habillement dont il s’agit, c’est l’idée de la nature.
Elle n’est pas prête de disparaître du devant de la scène.
Non pas que j’essaie de lui en substituer une autre.
Ne vous imaginez pas que je suis de ceux qui opposent la culture à la nature.
D’abord ne serait-ce que parce que « la nature », c’est précisément un fruit de la culture.
Mais enfin ce rapport le savoir/la vérité ou comme vous voudrez : la vérité/le savoir, c’est quelque chose à quoi nous n’avons même pas commencé d’avoir le plus petit commencement d’adhésion, comme de ce qu’il en est de la médecine, de la psychiatrie et d’un tas d’autres problèmes.
Nous allons être submergés avant pas longtemps, avant 4-5 ans,
- de tous les problèmes ségrégatifs qu’on intitulera ou qu’on fustigera du terme de « racisme »,
- tous les problèmes qui sont précisément ceux qui vont consister à ce qu’on appelle simplement le contrôle de ce qui se passe au niveau de la reproduction de la vie, chez des êtres qui se trouvent - en raison de ce qu’ils parlent - avoir toutes sortes de problèmes de conscience.
Ce qu’il y a d’absolument inouï, c’est qu’on ne se soit pas encore aperçu que les problèmes de conscience sont des problèmes de jouissance.
Mais enfin, on commence seulement à pouvoir les dire.
Il n’est pas sûr du tout que [de les dire] ça ait la moindre conséquence, puisque nous savons en effet que l’interprétation ça demande pour être reçue, ce que j’appelais, en commençant, du travail.
Le savoir lui, est de l’ordre de *la jouissance *: on ne voit absolument pas pourquoi il changerait de lit.
Ce que les gens attendent, dénoncent du titre d’« intellectualisation », ça veut simplement dire ceci qu’ils sont habitués par expérience à s’apercevoir qu’il n’est nullement nécessaire, il n’est nullement suffisant, de comprendre quelque chose pour que quoi que ce soit change.
La question du savoir du psychanalyste n’est pas du tout que ça s’articule ou pas, la question est de savoir à quelle place il faut être pour le soutenir.
C’est évidemment là-dessus que j’essaierai d’indiquer quelque chose dont je ne sais pas si j’arriverai à lui donner une formulation qui soit transmissible.
J’essaierai pourtant.
La question est de savoir dans quelle mesure ce que la science...
la science à laquelle la psychanalyse, actuellement tout autant qu’au temps de Freud
ne peut rien faire de plus que faire cortège, ...ce que la science peut atteindre qui relève du terme de réel.
Le symbolique, l’Imaginaire et le Réel.
Il est très clair que la puissance du Symbolique n’a pas à être démontrée.
C’est la puissance même. Il n’y a aucune trace de puissance dans le monde avant l’apparition du langage.
Ce qu’il y a de frappant dans ce que Freud esquisse de l’avant Copernic, c’est qu’il s’imagine que l’homme était tout heureux d’être au centre de l’univers et qu’il s’en croyait le roi.
C’est vraiment une illusion absolument fabuleuse !
S’il y a quelque chose dont il prenait l’idée dans les sphères éternelles, c’était précisément que là était le dernier mot du savoir. Ce qui sait, dans le monde, quelque chose...
il faut du temps pour que ça passe ...ce sont *les sphères éthérées *: elles savent. C’est bien en quoi le savoir est associé dès l’origine à l’idée du pouvoir.
Et dans cette petite annonce qu’il y a au dos du gros paquet de mes Écrits, vous le voyez...
parce que - pourquoi ne pas l’avouer - c’est moi qui l’ai écrite, cette petite note.
Qui d’autre que moi aurait pu le faire, on reconnaît mon style, ben c’est pas mal écrit ! ...j’invoque les Lumières.
Il est tout à fait clair que les Lumières ont mis un certain temps à s’élucider.
Dans un premier temps, elles ont bien raté leur coup.
Mais enfin, comme l’Enfer, elles étaient pavées de bonnes intentions. Contrairement à tout ce qu’on en a pu dire, les Lumières avaient pour but d’énoncer un savoir qui ne fût hommage à aucun pouvoir.
Seulement, on a bien le regret de devoir constater que ceux qui se sont employés à cet office étaient un peu trop dans des positions de valets par rapport à un certain type...
je dois dire assez heureux et florissant ...de maîtres, les nobles de l’époque, pour qu’ils aient pu d’aucune façon aboutir à autre chose qu’à cette fameuse Révolution française qui a eu le résultat que vous savez, à savoir l’instauration d’une race de maîtres plus féroces que tout ce qu’on avait vu jusque là à l’œuvre.
Un savoir qui n’en peut mais, le savoir de l’impuissance voilà ce que le psychanalyste...
dans une certaine perspective, une perspective que je ne qualifierai pas de progression ...voilà ce que le psychanalyste pourrait véhiculer.
Et pour vous donner le ton de la trace dans laquelle cette année j’espère poursuivre mon discours, je vais vous donner le titre, la primeur...
pourléchez-vous les babines ...je vais vous donner le titre du séminaire que je vais donner, à la même place que l’année dernière, cela par la grâce de quelques personnes qui ont bien voulu s’employer à nous la préserver.
Ça s’écrit comme ça, d’abord avant de le prononcer :
- ça c’est un O,
- et ça un U,
- … trois points, vous mettrez ce que vous voudrez, comme ça je vais le livrer à votre méditation.
Ce ou, c’est le ou qu’on appelle vel ou aut en latin : « ...Ou pire ».
那么,这(古代“快乐原则”的观念)究竟能与资产阶级对于快乐的想象,乃至他们对于“现实”的观念,有什么关系呢?——其实,说实话,根本毫无关系。 无论如何——这里是第三个要点(3ème point) ——从无意识那种执着地(insistance)向我们呈现它所“表述”的内容这一事实来看,我们必须得出这样的结果: 一方面,分析家的“解释”所起的作用,仅仅在于指出主体在其中发现了什么; 而他在那里发现的是什么呢?没有任何东西,不属于“享乐(jouissance)”的范畴(registre)。 这,便是第三个要点。 第四个要点(4ème point): 那么,享乐(jouissance)栖居于何处?它需要什么? ——需要一个身体(un corps)! 要“享”,必须有一个身体。即便是那些许诺“永恒福乐(béatitudes éternelles)”的人,他们也无法不假定: 必须有一个身体在其中被承载(le corps s’y véhicule)——无论那是“荣耀的身体(corps glorieux)”也好,还是其他形式的身体,身体必须在场。要享乐,就得有身体。为什么? 因为,对身体而言(pour le corps),享乐(jouissance)的维度,就是向死的下沉(la descente vers la mort)的维度。 而这也正是弗洛伊德“快乐原则”真正揭示的地方——他其实在那一刻就已经非常清楚自己在说什么。 如果你仔细阅读《快乐原则》这一概念的阐述,你就会发现: 快乐原则(principe du plaisir)与享乐主义(hédonisme)毫无关系。尽管它源自最古老的伦理传统,但它在本质上其实是一个不快原则(principe du déplaisir)。它是不快的原则——以至于弗洛伊德在不断重申这一点时,自己都一次又一次滑脱(dérape)。 “快乐是什么(Le plaisir en quoi consiste-t-il)?”——弗洛伊德说,它的功能是降低紧张(abaisser la tension)。 可是,这种“紧张(tension)”究竟是什么?如果不是那一切被称作“享乐(jouissance)”的根本原则的话,那又还能是什么呢? ——毕竟,若没有紧张,又能有什么可供享乐的呢? 正是在这一点上,当弗洛伊德沿着那条通向“彼岸(Jenseits)”、即《超越快乐原则(Au-delà du principe du plaisir)》的道路前行时,他在《文明及其不满(Malaise dans la civilisation)》中又明确地向我们指出了什么? 无非是这一点:在所谓的社会压抑(répression sociale)之上,很可能还存在着一种——他在文中亲笔写下的——“有机的压抑(répression organique)”。 真是奇怪,也令人遗憾——为了让人理解一些本应显而易见的事情,我们竟然还得如此费劲。 而这件显而易见的事,就是: “说话之在(l’être parlant)”之所以区别于动物,正在于他体内存在这样一个裂口(béance)——一个他在其中“迷失自己”的裂口,但也正是通过这一裂口,他被允许对“身体”进行操作—— 无论是自己的身体、他人的身体,还是周围动物的身体——以便从这些身体中唤出(faire surgir) ——为他自己或他人之益——那种严格意义上称为“享乐(jouissance)”的东西。 确实,比起我刚才所指出的那些进程—— 那些从对快乐原则(principe du plaisir)的精致描述, 逐步走向对根本性享乐(jouissance fondamentale)的公开承认—— 更令人感到奇异的是: 在这一层面上,弗洛伊德却认为有必要诉诸某种他称为“死亡本能(instinct de mort)”的东西。 这并不是说那是错误的。 只是——以那种过于“学究式(savante)”的方式去说,恰恰就是那些由弗洛伊德以“精神分析家”之名造就的学者们最无法吞咽的东西。那种围绕“死亡本能(instinct de mort)”的冗长思索与反刍(cogitation, rumination)——可以说,正是整个国际精神分析体制(institution psychanalytique internationale)的特征: 这种体制不断地分裂(se cliver)、分派(se partager)、划界(se répartir): ——“承认吗?不承认吗?” ——“我到这里为止,不能再跟他走得那么远……” 这些无休止的曲折争论(interminables dédales),都围绕着这个似乎被特意挑选的词汇——“死亡本能”,它似乎是为了制造一种幻觉,好像在这个领域中真的发现了某种可以与逻辑学中所谓“悖论(paradoxe)”相类比的东西。然而令人惊讶的是: 弗洛伊德在他已经开辟出那条清晰道路之后, 竟没有选择直接、纯粹地指出这一点。 那种真正意义上的享乐(jouissance)——在“情色学(érotologie)”的层面上,确实是人人都能触及的。不过也得承认:在弗洛伊德的时代,萨德侯爵(marquis de Sade)的著作还远没有像后来那样广泛流传。也正因如此,我才认为有必要——为了“留个时间的印记(prendre date)”——在我的《Écrits(书写集)》中专门标示出《康德与萨德(Kant avec Sade)》之间的关系。 然而,即便如此,我还是认为——尽管他(弗洛伊德)给出了一个回答,但他也未必就真的完全知道自己在说什么。——正如我们所有人一样。 然而,与其围绕那所谓“原初死亡本能(instinct de mort primitif)”——它究竟是从外部而来,还是源自内部,——或者是由外向内的反转,——又或是晚期衍生出来的、投射为攻击性与斗争的动力——编造一堆琐碎故事(bagatelles),倒不如从弗洛伊德的“死亡本能”中读出这样的含义: 也许,它暗示着——如果真要谈到“行为(acte)”,那么**唯一的“完成了的行为(acte achevé)”——如果它存在的话—— 就是“自杀(le suicide)”。**请注意我在此的语气: 正如我去年在那篇《一种并非假象的话语(D’un discours qui ne serait pas du semblant)》中所说的那样——无论在那里,还是在这里,事实上都不存在那样的话语或那样的行为。所以,这个所谓的“行为”,如果它能存在,那将是——自杀。 这正是弗洛伊德所告诉我们的。当然,他并没有以如今我们能够做到的那种——直接、赤裸、清晰(en cru, en clair)——的方式说出来。 但如今,随着精神分析学说(la doctrine)多少开辟出了一条自己的道路(a un tout petit peu frayé sa voie),我们已经知道: 行为无不是失败的(il n’y a d’acte que raté),而且——正是这种失败,才是任何“成功的假象(semblant de réussir)”的唯一条件。 也正是在这一点上,自杀值得被提出异议(le suicide mérite objection): 因为——它根本不必是一次“未遂(tentative)”的行为,就已经注定是一次失败(raté)—— 从享乐(jouissance)的角度来看,是彻底的失败(complètement raté)。 至于那些佛教徒(les bouddhistes)——带着他们的汽油桶(bidons d’essence),他们确实“跟得上时代(à la page)”,但我们什么也不知道,因为他们没有回来作证(ne reviennent pas porter témoignage)。
弗洛伊德的那篇文章,真是漂亮的一篇文本(un joli texte)。 他在其中重新提到了躯体(soma)与生殖细胞(germen)——这绝非偶然。 他嗅觉敏锐(il flaire),感觉到正是在这一点上,有些什么值得进一步深入(à approfondir)的东西。是的,确实需要被深入的问题,正是我今年在研讨课中提出的第五个要点(5ème point),其表述如下: “性关系并不存在(il n’y a pas de rapport sexuel)。” 当然啦,乍听之下这话有点像疯子说的,有点轻飘(un peu zinzin, un peu éffloupi)。 ——只要好好做爱一场(baiser un bon coup),似乎就能“证明”我错了。 遗憾的是,那恰恰是唯一一种什么也无法证明的事情(ne démontre absolument rien de pareil)——因为,所谓“关系(rapport)”这一概念,与人们在日常语言中对这个词所作的隐喻性使用(usage métaphorique)——“他们发生了关系(ils ont eu des rapports)”—— 并不相符(ne coïncide pas tout à fait)。换句话说,当人们说“他们有过关系”时,那根本不是我所说的“关系”。 我们只有在某种话语(discours)建立起一个关系、并且能够被表述出来(énoncer le rapport)时,才有可能认真地谈论“关系(rapport)”。 的确,**实在界(le réel)在我们思考它之前就已经存在,但“关系”这个东西就要可疑得多(beaucoup plus douteux): 它不仅需要被思考,还必须能够被书写(il faut l’écrire)**。如果你无法写出它,那就根本没有关系。(Si vous êtes pas foutus de l’écrire, il n’y a pas de rapport.) 而若是事实证明——并且证明得足够长久,以至于我们开始真正理解这一点——性关系(le rapport sexuel)是无法被书写的(il est impossible de l’écrire),那无疑将是件极为值得注意的事情。
这件事之所以重要,正是因为如今我们借着所谓“科学(la science)”的进展,正在把一整套细微的事务(menues affaires) ——涉及配子(gamète)、基因(gène)的层面,以及一系列所谓“选择(choix)”“筛选(tris)”的过程,无论称之为“减数分裂(méiose)”或别的什么——推进到了极远的程度。 这些研究似乎确实阐明(élucider)了一些事情,一些与这样一个事实有关的事情: 至少在生命的某个层次上,繁殖(reproduction)是有性的(sexuée)。
然而,这些(科学上的发现)与所谓“性关系(rapport sexuel)”毫无关联。 尽管有一点是确切无疑的: 对于说话之在(l’être parlant)而言,围绕着这一“关系”——作为建立在“享乐(jouissance)”之上的东西——展开着一个极其壮丽的多样谱系(éventail admirable en son étalement)。 而且,有两件事被弗洛伊德——以及精神分析的话语(le discours analytique)——清楚地揭示出来: 那就是整个享乐的谱系(toute la gamme de la jouissance)——换句话说,凡是人们能做的那些与“恰当地对待一个身体(traiter un corps, voire son corps)”有关的事情,在某种程度上,都参与着性的享乐(jouissance sexuelle)。 但是,性的享乐本身(la jouissance sexuelle elle-même),当你试图去把握它(mettre la main dessus)时,——如果可以这么说——它便不再是性的(elle n’est plus sexuelle du tout),它消失了(elle se perd)。
正是在这里,“阳具(Phallus)”这一术语的全部建构才介入进来。 它确实指示着一个特定的“所指(signifié)”,——但这是某个彻底消逝的能指(signifiant parfaitement évanouissant)的所指。 至于要定义什么是“男人”或“女人”,精神分析恰恰向我们展示出:这在根本上是不可能的。 并且,至少在某种程度上,没有任何迹象能表明——如果我们哪怕片刻将“享乐(jouissance)” 视为“生殖功能(fonction de reproduction)”的引导,那它就必然应当指向异性的伴侣(le partenaire de l’autre sexe)”。
此刻,我们正面临着——可以这么说——“性观念(notion de sexualité)”的爆裂(éclatement)。 毫无疑问,**性(la sexualité)位于一切无意识活动(inconscient)的中心。但它之所以处在中心, 正是因为它本身是一个缺失(manque)**。
也就是说,在任何可以被写出的“性关系(rapport sexuel)”的位置上,被替代而出现的,是由性的享乐功能(fonction de la jouissance précisément sexuelle)所生成的一系列死胡同(impasses)。 这种享乐之所以会如此,正是因为它显现为一种“海市蜃楼般的点(point de mirage)”—— 而弗洛伊德本人,也在某处曾将其标示为“绝对的享乐(jouissance absolue)”。
而正是因为它如此接近(si près),它恰恰并不是绝对的(elle ne l’est pas, absolue)。 它在任何意义上都不是绝对的,首先,因为“享乐”本身(la jouissance)必然归于两种不同形式的失败(formes d’échec):
对男性的享乐而言,这个失败就是阉割(la castration); 对女性的享乐而言,这个失败则表现为分裂(la division);
其次,享乐所导向的东西,与交配(copulation)毫无关联。 至于交配,它仅仅是——姑且这样说——说话之在(l’être parlant)这一物种中 实现繁殖的一种常用模式(mode usuel)——(而且,说不定未来这模式还会改变。) 换句话说: — 首先,有一个正题(thèse): “性关系不存在(il n’y a pas de rapport sexuel)。” 我在这里谈的,是关于说话之在(l’être parlant)的情况。 — 第二,有一个反题(antithèse): 那就是**生命的繁殖(la reproduction de la vie)。这是一个广为人知的主题——它如今成了天主教会(l’Église catholique)的旗帜。在这一点上,必须向教会的勇气(courage)致敬: 它明确主张——“性关系是存在的”**, 而且“它通向生育”。这当然是一个可以“持守”的立场,只是——它无法被证明。没有任何一种话语能支撑它,除了宗教话语(le discours religieux),因为唯有宗教话语,才确立了“真理与知识的严格分离”。 —第三,没有综合(synthèse),除非你愿意把这样的陈述称作“综合”: “享乐唯有在死亡中达成(il n’y a de jouissance que de mourir)。” 以上这些,便是关于精神分析家的知识(le savoir du psychanalyste)应当据以加以节奏化(scander)的一系列真理与知识的要点(points de vérité et de savoir)。 只可惜,没有一个精神分析家,对这些要点不是“一纸空文(lettre morte)”。 至于所谓“综合(synthèse)”,我们完全可以信赖他们——他们会坚持这些术语(en soutenir les termes),但把它们理解得完全跑到了别的地方(tout à fait ailleurs),与死亡本能(instinct de mort)毫无关系。 “逐出自然——它便疾驰归来(Chassez le naturel, il revient au galop)。”(俗语:赶走自然,它会飞奔回来。)
[译注] lettre morte 字面为“死信”,引申为失去效力的一纸空文;Chassez le naturel, il revient au galop 是“本性难移”之意的法语谚语。
不过,我们还是有必要给那句古老的谚语赋予它真正的意义。 所谓“自然(le naturel)”,——就让我们好好谈谈它吧,因为问题正出在这里。 “自然”,指的是一切披上“知识的制服(livrée du savoir)”的东西——而天知道,这样的东西可真不少。 而那种专门让知识穿上这身“制服”的话语,就是大学话语(le discours universitaire)。 很显然,这种“装扮(habillement)”指的正是“自然”的观念(l’idée de la nature),而这种观念—— 一点也没有要从舞台上消失的意思(n’est pas prête de disparaître du devant de la scène)。 我并不是想要以另一种“自然”来取代那一种。请不要以为我属于那些把“文化(culture)”与“自然(nature)”对立起来的人。首先,仅仅因为: “自然”本身恰恰是“文化的果实(un fruit de la culture)”。 然而,至于那种“知识与真理之间的关系(le rapport savoir / vérité)”,或者反过来说“真理 / 知识”,随你怎么称呼——我们甚至还没有开始对它形成哪怕一丁点认同(adhésion);医学、精神病学(psychiatrie)以及许多其他问题的情形也是如此。 我们很快——不出四五年——就会被一切分隔性的(ségrégatifs)问题所淹没。这些问题将被冠以、或被抨击为“种族主义(racisme)”之名。而所有这些问题,恰恰都是围绕着一个看似简单的主题: “生命繁殖层面的控制(le contrôle)”。 ——只是,这个问题出现在这样一种生物身上: 他们因为自己是“说话之在”,因此在这一层面上,带着各种良心与意识的困扰(problèmes de conscience)。 真正令人匪夷所思(absolument inouï)的,是: 人们至今还没有意识到——所谓“良心的问题”,其实就是“享乐的问题”。不过,好在我们如今才刚刚开始能够说出这一点。 把这些问题说出来是否会产生哪怕一点后果,也完全不能确定,因为我们知道,要让解释被接受,就需要我开头所说的“工作”。 至于知识,它属于享乐的秩序;完全看不出它为什么会换床。 人们所谓的“理智化”,——他们所期待的,或所指责的这种东西—— 其实不过意味着: 他们凭经验早已明白,理解某件事情——既不是必要的条件,也不是充分的条件,足以让任何事情发生改变。至于精神分析家的知识(le savoir du psychanalyste),问题根本不在于它能否被表述(s’articuler ou pas),而在于: 必须处于怎样的位置(à quelle place),才能支撑(soutenir)这种知识。 显然,正是在这一点上,我将试着指出一些东西(indiquer quelque chose)—— 尽管我并不确定,自己是否能将它表述成一种可传达的形式(formulation transmissible)。 ——但我仍然要试一试。 问题在于: 我们必须弄清楚,科学(la science)究竟在何种程度上能够触及(atteindre)那个属于“实在界(le réel)”的东西。因为无论是在当下,还是在弗洛伊德的时代,精神分析对科学所能做的,也不过是跟随其后(faire cortège)。 象征界(le Symbolique)、想象界(l’Imaginaire)与实在界(le Réel)——很显然,象征界的力量(la puissance du Symbolique)毋须证明,它本身就是力量之源(c’est la puissance même)。 在语言出现之前,世界上没有任何“力量(puissance)”的痕迹。 至于弗洛伊德在谈论“哥白尼之前的人类(l’avant Copernic)”时所描绘的图景,令人震惊的是: 他似乎认为,人类曾“愉快地居于宇宙的中心”,并“自以为是宇宙的王者”。 ——那真是一种绝妙的幻觉(illusion absolument fabuleuse)!
如果说古人(在“永恒的天球”中)曾经从那里汲取某种观念,那正是:那里蕴藏着知识的最终之语(le dernier mot du savoir)。 在这个世界上,唯有那些“以太天球(les sphères éthérées)”才真正“知道”些什么——当然,这一观念需要时间才能消退。 正是在这个意义上,“知识(savoir)”自其起源起就与“权力(pouvoir)”紧密相连。
在我那本厚厚的《著作集(Écrits)》背面的那段小广告(petite annonce)上——你们都看过吧?因为——何必不承认呢?——那段小文字确实是我亲自写的。 还能是谁写的呢?一看就认得出是我的文风——写得还不错吧!……我在那里提到了“启蒙(les Lumières)”。 很明显,启蒙(les Lumières)花了相当长的时间才让自己变得明朗(s’élucider)。 在最初阶段,它确实彻底搞砸了。不过——就像地狱一样——它们的道路也是由“善意铺就的(pavées de bonnes intentions)”。 与后来人们对它的一切批评相反,启蒙运动的目标,其实是要宣告一种不向任何权力致敬的知识(un savoir qui ne fût hommage à aucun pouvoir)。
然而,我们不得不遗憾地承认: 那些承担起这一使命(指启蒙运动传播“无权力知识”的人)的人们, 却过于地以仆人的姿态依附于当时那一类——我得说,相当幸福而兴盛的——主子(maîtres), 也就是当时的贵族阶层(les nobles de l’époque)。 因此,他们最终不可能导向别的结果,除了那场众所周知的“法国大革命(Révolution française)”——一场导致的结果你们都清楚: 即建立了一种比以往任何时代都更残酷的“主人阶级”(une race de maîtres plus féroces)。 一种无可奈何的知识(un savoir qui n’en peut mais),——无能的知识(le savoir de l’impuissance),这大概就是精神分析家——从某种视角来看(我不会称之为一种进步) ——所可能携带、传递(véhiculer)的东西。 为了让你们感受一下我今年希望继续展开话语的那条脉络的语调,我先给你们一点预告、独家首发(la primeur)——舔舔嘴唇,准备好听吧(pourléchez-vous les babines)——我现在就要告诉你们我将在与去年同一地点开设的新一年度研讨课的标题。 ——当然,这一切多亏了几位朋友的努力,他们让我们得以保留下这个场所。 它写作是这样的——在读出之前,先要看看写法: ——这是一个 O, ——这是一个 U, ——……然后三个点(…),你们可以自行补上想要的东西。 我就把它留给你们去冥想吧。 这个 ou(或),是那种拉丁语中所说的 vel 或 aut 的 “或”——也就是说:“……或者更糟(Ou pire)”。